La page d'Edmond

18/12/17

Gueulante caritative

 

 

Je viens de créer la ligue de la charité bien ordonnée.

 

Elle commence par moi-même.

 

Je vais donc vous inonder d'une très belle lettre, qui habilement attira votre attention sur ma situation présente, accablé d'impôts sur un pauvre contribuable qui n'en est pas encore revenu, accablé aussi de taxes d'habitations et de taxes foncières de mes différentes propriétés, de cet inique impôt de solidarité sur la fortune qui me bouffe mon capital, sans mon petit pécule aux Bahamas, je serais déjà mort de faim alors que je ne suis que dans la misère. A bas aussi cette T.V.A au taux prohibitif sur les produits de mes premières nécessités que sont le champagne, le foi gras et la truffe.

 

Je suis l'initiateur du C.A.P de mendicité, du brevet professionnel de quêteur, du diplôme d'études supérieures de démarchage caritatif et j'étais le directeur de thèse du regretté Crassemarot de la digue contre le cancer. Thèse ayant obtenu une mention et édité sous le titre « Donnez, donnez, il me reviendra toujours quelques chose » aux éditions du Mont de Piété.

 

Je me souviens. Ce commerçant reçoit un carnet de 10 bons de participation à une action en faveur de je ne sais plus quelle cause honorable. Il suffit de récolter des fonds en vendant les tickets aux clients et la lettre précise que sur la vente des 10 tickets, le commerçant devra reverser le prix de 6 et garder le reste . Bénéfice net de la charité : 40%, je ne connais pas de meilleur placement.

J'ai rencontré d'autres commerçants ou représentants, fondateurs en parallèle, d'une association pour le bien de ceci ou cela...et qui confondaient souvent leur deux cartes pour un résultat optimum.

 

C'est ainsi qu'un « homme d'affaire », confondu par un Président de la République avec un « chef d'entreprise », jusqu'à le nommer ministre, a débuté dans la vie :Œuvrant pour

 une organisation caritative qui lui aurait fourni à la fois sa première condamnation pénale et son premier trésor de guerre.

Mais chut, n'en parlons pas, comme l'amnistie est passée par là, ce serait un délit que de le dire.

 

J'ai reçu un jour pour une location, un employé de cette grosse et efficace machine, qui des poubelles aux logements sociaux permet aux compagnons d'un défunt religieux en odeur de sainteté, de contribuer à suppléer aux carences de l’État auprès de quelques nécessiteux.j'ai été étonné du montant de son salaire, en haut de l'échelle des rémunérations d'un cadre moyen.

J'ai rencontré plusieurs fois des employés de la charité, des salariés d'associations faisant appel aux dons publics, avec ou sans croix, étoiles ou croissants, ils vivent bien, merci pour eux (et pour nous).

 

 

 

 

 

Je me souviens de la fabuleuse rémunération d'un présentateur vedette animant à la télévision une grande kermesse de bienfaisance.

 

Internet crie au scandale en affichant les salaires plus que confortables des permanents du Truc Rouge ou du Téléchose . Je me méfies d'internet et de ses horribles mensonges difficiles à contrer.

J'ai donc été très surpris de voir que les protestations des concernés ne portaient pas sur la réalité des rémunérations, mais sur le fait qu'elles étaient justifiées, prouvant ainsi la véracité de l'information.

 

Mais j'en reviens à ma propre campagne.

 

Je joindrai à ma belle lettre de sollicitation, quelques petits objets marqués à votre nom,

un papier hygiénique avec vos initiales sur chaque feuille, une reproduction d'aquarelle marine peinte avec mon (non mais dit donc Edmond reste correct).

 

Vous allez recevoir beaucoup de courrier, dés réception de votre réponse favorable, je vendrai vos noms et adresses aux deux cent quatre vingt dix sept mille associations caritatives de France puis à celles du monde entier.

 

Inutile de vous dire que l'ensemble de mon envoi est concocté par une société spécialisée

(dont je suis le principal actionnaire) et qui fournit un emploi à ma famille et aux amis.

 

La rédaction de ma lettre vous tirera quelques larmes, le graphisme, les couleurs les illustrations en quadrichromie sur papier glacé vous ravirons. Je jouerais en virtuose sur les cordes de la harpe de votre sensibilité, de votre charité et de votre faiblesse comme sur du velours.

Je vous délivrerai cette attestation fiscale qui en plus de vous donner bonne conscience, réduira d'autant vos revenus imposables. (ce cadeau de l'administration n'en est pas un, en se défaussant sur nos initiatives, alors que ces actions lui incombent, je n'ose vous faire imaginer ce que l’État économise!).

 

Je vais même vous guider en vous précisant qu'en dessous d'un don de 20 euros, nous ne faisons pas nos frais, qu'un minimum de 50 euros est requis et qu'à partir de 200 euros, c'est le titre de « bienfaiteur » qui vous sera bien volontiers décerné.

 

Formidable, les restos du cœur ont trente ans ! Ce qui devait combler provisoirement un vide, perdure, se développe se généralise, s'institutionnalise mais pour le moment ne se mondialise pas. C'est une belle œuvre, elle permet à quelques chanteurs qui le plus souvent paient leurs impôts à moins coût, dans un pays voisin moins vorace, de se donner à la fois bonne conscience et publicité pas cher et ça marche, à tel point que nos hommes politiques jusqu'au plus haut de l’État, viennent féliciter les bénévoles, les bénir laïquement, les berlurer de belles paroles, pensez, voilà 30 ans que cela dure, trente ans que les pouvoirs publics dans leur incurie dissimule leur nullité impudente sous le couvert de la charité publique mais privée, pourvu que ça dure !

 

A votre bon cœur messieurs-dames.

 

Je viens de recevoir un appel du Ministre de l'inutile, du dérisoire, et de l’éphémère, il prépare un projet de rectificatif à la loi de finances pour :

-instituer une taxe de non habitation sur les SDF

-une contribution exceptionnelle sur les chiens d'aveugle

-une vignette sur les déambulateurs et les fauteuils roulants

-un impôts confiscatoire sur les non-imposables

-une amende réitérative et proportionnelle sur le handicap.

 

 

P.S. Nous recherchons toujours des bénévoles qui comme le nom l'indique, ne reçoivent aucune rémunération ni remboursement de frais, mais la grande satisfaction de collaborer

pour notre plus grande gloire.

 

 

E.J.

23/01/2016

18/09/07

 

Le Nacré de Méru


En France, nous ne sommes pas champions de grand chose.............
sauf peut-être au « tout pour la gueule ».


Nous pouvons faire le tour de notre petit hexagone en surfant sur le boire
et le manger.
Il n'y a pas un lieu sans sa spécialité.


Tout pour la gueule,je vous dis !
Des saucisses de roquefort au Saint Emilion au lait cru en passant par
quelques andouillettes de nougat, je sens mon cholestérol qui fait une crise
de goutte....d' Armagnac hors d'age !
J’arrête, mon estomac est plein comme un oeuf mimosa !


Et au fait, à Méru ?
On ne va tout de même pas se manger des dominos et les coquillages, c'est
pas du bulot !


Il me vient une idée.


Pourquoi pas un gâteau, associant l'historique de la tabletterie à la beauté
de nacre, à la délicatesse du goût ?


Les parfums les couleurs et les goûts se répondent dirait le poète.
Associez-y le pâtissier le marchand l'économiste et l'attaché de presse avec
l'active collaboration de nos élus et vous aurez ce gâteau génial et inconnu
qui ne demande qu'à connaître ses heures de gloire !


Faut-il le créer de rien ou le faire renaître ?
Soyons fous, retrouvons lui un historique !


Avec Internet, tout est possible, revenir à des réalités anciennes en ouvrant
des tiroirs oubliés et s'il sont vides, les emplir de tout un virtuel.


C'est ainsi que le « nacré de Méru » existait déjà au 14ème siècle et plus
précisément en 1399, puisqu' Eustache Deschamps (1346-1406), bailli de
Senlis et grand poète, écrivait :


Le nacré de Méru


Quand j'ay la terre et mer avironnée
et visité en chacune partie
Jhérusalem, Egipte et Galilée
Alexandre Damas et la Surie
Babiloine le Caire et Tartarie
et tous les ports qui y sont
les épices et succres qui s'y font
mignardises et crèmes du pays
valent trop mieux ce qu'en Thelle ils ont
Rien ne se peut comparer aux nacrés de Méru
C'est le gâteau sur tous couronné
fonteine et puits de goûts et de douceurs
à tous il fera grand bonheur
tuit étranger l'aiment et aimeront
car pour plaire et pour bien gouleyer
jamais délices tel ne trouveront
rien ne se peut égaler au nacré de Méru
.


C'est dans l'ouvrage de Jules Amédée Bouffemoi, officier de bouche des
Comtes de Beaumont (1699-1777) « Mignardises au pays des Sablons » que
l'on trouve :


« Madame la Comtesse me fit moult compliments de la pâtisserie crée par
mon commis, natif de Méru.
C'était une nougatine en forme de conque, farcie d'une crème pâtissière à
la chicorée, agrémentée de paillettes de noix et de noisettes, recouverte
en partie d'un coulis de fruits rouges et glacée d'une laque de sucre moiré
de nuances bleues et vertes et d'un trait de miel des ruches de la clairière
aux oiseaux. »


Je vous fait grâce de tous les autre documents qui attestent l'existence du
nacré au fil des ans.


Sachez encore que le journal officiel du 17 novembre 1864 fait état d'une
cérémonie sur la place du château des Contis à Méru, chef lieu de canton
du Diocèse de Beauvais.
C'était, par l'Empereur Napoléon III lui-même, la remise de la légion
d'honneur à Aristide Jehan Clafoutis, maître-queue à l'auberge du Boislapin,
pour, je cite : « la renommée de son nacré de Méru aux saveurs
reconnues et appréciées de la Cour d'Angleterre et de la Cour
Impériale.... »


Dans son « Récit de voyage en pays de Thelle » et parlant du nacré,
Chateaubriand disait :


« Il avait la beauté, la saveur de ces pâtisseries romaines qui illuminent les
palais des gourmets comme un feu d'artifice de la Saint-Jean ! »


Et je pourrais continuer ainsi mais ce serait trop.


Alors à d'autres de jouer et de reprendre au bond, car il serait intéressant
de réhabiliter ou de créer ce nacré. J'ai suggéré une idée de sa forme et de
sa composition.
Je l'imagine sous deux formes, l'une fraîche, consommable rapidement, de
la taille d'un gâteau individuel, l'autre sèche, conservable, d'un format
d'une seule bouchée, vendue en sachet (même au musée de la nacre).


J'imagine aussi soit un appel d'offre auprès des pâtissiers de la ville pour les
deux formes, avec jury, choix, récompenses et mises en communs des
recettes choisies, ou bien une proposition à un seul pâtissier sélectionné,
mais....


C'est curieux comme cette fiction me fait déjà saliver, pas vous ?


Edmond Juery
Ancien Ministre de l'Inutile, du dérisoire et de l’Éphémère.
Fondateur et unique adhérent de la « Ligue pour la réhabilitation ou la
création du Nacré de Méru »

 

 

06/05/17

Image

 

 

Excusez moi, mais je viens de m'apercevoir que je ne ressemble pas à ma photo. Surtout de profil.

 

J'ai cru que c'était à cause de l'appareil photos, certains auraient tendance à trahir l'image, mais d'après les amis, non, l'image est parfaite.

 

Bon, alors c'est la faute au photographe. Certains font de l'art en déformant les réalités.

C'est bien pourquoi il ne faut pas se laisser photographier par n'importe qui.

Dans certaines peuplades, l'image prend aussi un morceau de l'âme, mais j'ai l'impression que mon âme, même si elle est un peu surexposée, est hélas, encore entière.

 

Cela vient de la pellicule ou du tirage? Ce sont des antiquités qui n'existent  pratiquement plus.

 

Je n'ai pas trouvé.

 

Je conteste mon image, je la récuse, je la vilipende.

 

C'est décidé, je vais maintenant me contenter de l'original

 

Je serai de nouveau moi et pas un autre, ce qui est déjà bien suffisant, même peu-être un peu trop.

 

Si je ne peux plus me voir, même en peinture, ne compter pas sur moi pour aller me faire voir chez les autres. C'est tout vu.

 

Et au revoir

 

Edmond

15/1/2013 

 

 

02/02/17

 

Gueulante (départementale)

 

 

Les provinces, telles qu'elles existaient avant la révolution, étaient des entités géographiques, géologiques, physiques et sociales avec une unité de flore et de faune.

Elles perdurent malgré tous les découpages anciens ou nouveaux qui les ont écartelées, assimilées ou anéantie.

Il fallait casser ces provinces, obstacles à la centralisation, risque pour l'unité de la nation et fief des ci-devants.

Alors on a créé les départements.

 

Il n'y a rien de plus artificiel que les départements.

Je me souviens de ce professeur de Droit Constitutionnel dont j'ai oublié le nom, de ces énormes sourcils broussailleux et de son accent de foi gras à l'Armagnac, tout pétillant de Blanquette de Limoux qui nous expliquait dans les années 1960, la création des départements.

 

Un territoire fait pour casser les provinces de l'ancien régime, donc un découpage totalement artificiel ne tenant aucun compte des spécificités des régions concernées et d'une taille, d'une superficie limitée, devant permettre au gestionnaire de ce nouveau territoire, le commissaire du gouvernement, ancêtre de nos préfets, d'aller à cheval de Toulouse à Bagnères de Luchon à en une seule journée.

A l'ère de la communication instantanée, l'archaïsme du département saute aux yeux.

 

Plus de deux siècles après, le département reste le plus souvent encore purement artificiel. Il sont peu nombreux ceux qui se déclarent du Finistère, du Puy de Dôme ou de la Somme, ils sont Bretons, Auvergnats ou Picard depuis la nuit des temps et encore maintenant.

 

Alors excusez moi mais comment gérer moderne les communes et leurs divers regroupements, les cantons, les arrondissements les départements et les régions ?

Je n'ai aucune sympathie particulière pour le département, aucune pitié non plus et ne verrais aucun inconvénient au contraire, à supprimer ces quelques épaisseurs du mille-feuilles de ce découpage suranné qui nous rend si lourd.

 

Il n'y a plus qu'à attendre le bon vouloir de nos élus décisionnaires.

Certains pourraient avoir tendance à différer le sciage de la branche sur laquelle ils se vautrent.

 

Espérons.

 

 

26/12/16

Voilà

 

 

 

Encore une belle journée.

 

Privilège de l'age, j'ai bien vécu.

 

Le kir était royal et vive la République jusqu'à la fin des bulles.

 

Puis quelques mots de bienvenue, quelques vœux, et par la suite, ce sont

les petits plats dans les grands, une farandole de mignardises bien

arrosées pour se noircir de blanc et de rouge jusqu'aux

nouvelles bulles finales..

 

 

ce soir c'est relâche.

Au moins six heures de recharge de sommeil pour un

plein repos et demain, c'est pause.

L'avenir rétrécit, les horizons se bouchent, j'ai des bouffées

de nostalgie pantouflardes.

 

 

Courage ! Encore une quinzaine pour se désembourber

des fins d'années et retrouver du plus serein.

 

 

Mais comme disait Madame Mère : »pourvu que ça dure »

 

 

E.J.

 
Lorsque j'étais enfant

 

La "Der des ders"

Edmond rend un  bel hommage aux Poilus en narrant son très beau texte : la  "Der des ders" lors de la soirée organisée à la salle du Thelle de Méru le 08/10/16

Oise hebdo du 12 oct 2016

 

Humm

 

 

Les papilles ont de grandes mémoires.

 

Chez ma grand-mère paternelle, les parfums les couleurs et les saveurs se répandaient toujours avec de petites réminiscence de la madeleine de Proust.

 

Il y avait la Savora, une moutarde douce aux aromates que je retrouve parfois par nostalgie.

Il y avait l'aligot de l'Aveyron, pommes de terre en purée et fourme fraîche de Cantal ou de Salers qu'il faut travailler en mélange d'un bras d'haltérophile, qu'elle réussissait à merveille et servait en virtuose d'un retour de cuillère.

Et puis ce qu'elle appelait la morue à l'Espagnole (que je penserais plutôt à la Portugaise), une poilée de pommes de terre rissolées, délicatement parfumée d'ail et de morue dessalée qu'elle égrainait à la fourchette.

 

Des responsabilités dans des restaurants ou brasseries où sa double qualité d'Aveyronnaise et d'Auvergnate lui faisait bénéficier d'un a priori favorable, jusque dans les grandes maisons, du petit Trianon au Normandy de Deauville, lui avait donné cette culture du simple et du bon mais pas tout à fait nouvelle cuisine.

 

j 'ai commencé chez elle vers mes 18 ans, une très modeste culture du vin jusqu'à cette bouteille d'un château Yquem de légende.

 

Oui les papilles ont de grandes mémoires.

Il y a, dans mon coin de Normandie, un carrefour agrémenté d'un calvaire que je ne peux passer sans que me vienne en bouche le goût de la petite barre de chocolat et de la tranche d'orange de nos très lointains goûters de balades.

 

J'ai quelquefois des relents de souvenir d'un vieil Armagnac ou d'un alcool blanc de Mélisey.

 

Dans une autre vie, j'ai raté l'oubli de délicates plâtrées de sublimes cassoulets de Castelnaudary, arrosés d'un authentique Faugères ou Cabardés, qui avaient tendance à vous descendre le centre de gravité au niveau des genoux !

 

Maintenant, au jour le jour, avec Tempérance, Modération et Parcimonie, mes trois chaperons, je révise mes classiques que ma compagne me remémore avec talent. Tiens, pour oublier, je reprendrais bien une petite portion de ses îles flottantes où zigzague un filet de caramel croquant à la fleur de sel.

 

Les boissons et les mets

on-t-ils donc une âme

qui s'attache à note âme

et la force d'aimer.

 

Avec la collaboration très involontaire de Lamartine.

 

 

 

 

 La der des der

 

Ah que la guerre est belle avec tous ses flonflons

et sa victoire acquise avant de commencer

ses défilés chantant gaîtés des escadrons

et l'ennemi là-bas que l'on entend trembler.

 

Nos pioupious de quatorze ont une fière allure

le pantalon garance et la fleur au fusil

l’œil sur l'horizon, ils font bonne figure

et marcheront joyeux vers l’infâme ennemi.

 

Les fanfares de cuivre éclatent à la volée

c'est une bonne ambiance pour aller à la guerre

le départ attendu des vacances d'été

les conduira bientôt au delà des frontières

 

Sur le quai de la gare c'est encore la liesse

les parents les enfants les promises sont là

accompagnant le rêve, l'espoir et la jeunesse

et le courage aussi qui ne faiblira pas.

 

Sous les mâles accents des chants républicains

ils partent au combat, ils ont reçu leurs armes

le train s'est éloigné fondu dans le lointain

le mouchoir des adieux sert à sécher les larmes.

 

Ils sont bien préparés nos apprentis soldats

l'armée les a formés pour la guerre précédente

ils se sont aguerris des précédents combats.

Aux premiers engagements la hiérarchie déchante

 

Leurs couleurs éclatantes sont des cibles de choix

et le képi de toile ne les protège pas

en avant sabre au clair c'est leur chemin de croix

la première offensive les mène au trépas.

 

Ils n'avaient pas encore connus les vrais bonheur

ils n'avaient pas encore terminé de rêver

ils n'avait pas encore engendré la douleur

d'interrompre une vie à peine commencée.

 

Sous les feux ennemis, ils passent au hachoir

on voit sur la colline leurs cadavres en tas

la troupe est un troupeau promis à l'abattoir

l'offensive nivelle toujours par le bas.

 

Ils ont en face d'eux le plus fourbe ennemi

celui bien que voisin, qui est héréditaire

et que plus d'une fois la lutte sans merci

les retrouva souvent habituels adversaires.

 

La guerre est son métier, fidèle à son image,

pour se rendre invisible il s'habille de vert

être sans foi ni loi, habitué du pillage

il sait bien se cacher, se mettre sous la terre.

 

Elles sont bien savonnées les planches de la haine

la propagande a fait un travail excellent

les hommes sont déments, les armées inhumaines

et les assassinats sont fait légalement.

 

Les gardiens du troupeau sont devenus des loups

s'ils pouvaient se parler plutôt que s’entre-tuer

s'ils pouvaient un instant arrêter d'être fous

ils verraient ceux d'en face vraiment leurs ressembler

 

Laboureurs de la terre, ouvriers des usines

bons fils bons époux, bon citoyens et bons pères

ils trouveraient dans l'autre une même origine

faite de chair et sang, son semblable, son frère

 

 

Mais voilà une idée qui serait bien naïve

et rien que ce seul mot de fraternisation

serait l'acte avéré d'une action subversive,

un crime, en temps de guerre, de haute trahison.

 

 

Un crime puni de mort et dont l’exécution

consiste à fusiller sans délais les coupables

et c'est leurs camarades chargé du peloton

qui seront désignés pour être impitoyables.

 

La guerre leur laisse au moins la chance d'espérer

et pendant quatre année qui furent abominables

dans la boue et le froid, ils ont bien résisté

ils se sont bien battu, soldats infatigables

 

ils ont tenu sous les obus et la mitraille

ils ont su repousser d'innombrables assauts

ils ont livré maintes et maintes batailles.

Des tranchées rebouchées constituent leur tombeaux.

 

Vague après vague, ils sont monté sur la colline

« elle était stratégique » a dit le général

« et qu'importe les pertes », mais les troupes piétinent

s'ils prennent le sommet il sera maréchal.

 

La terre est détrempée du sang des camarades

face au millier de morts, trois braves épuisés

s'abritent un moment pendant la canonnade,

pris en flagrant délit, ils seront fusillés.

 

Mais il y-a dans l'horreur quelques moments de grâce

un silence se fait, une musique monte

puis un chant lumineux qui envahit l'espace

sur notes de cristal les combattants s'affrontent.

 

 

C'est la nuit de Noël, l'artillerie s'est tu

les uns après les autres, les mains le long du corps

sans arme et sans haine,semblables à des statues

ils viennent l'un vers l'autre et sans craindre la mort

 

dans un instant divin, redevenus des hommes

ils se sont reconnus et ils ne font plus qu'un.

Mais la relève est là comme un ultimatum

à rentrer dans le rang, la guerre reprend demain.

 

A l'arrière, loin du front, le moral est au beau

la vie y continue, les spectacles s'affichent.

Sur les grands boulevards se pressent les badauds

les grisettes sourient et font des yeux de biche

 

aux marchands de canons qui sont devenus riches.

Ils traînent leur suffisance, leurs airs supérieurs.

Ils portent haut la classe en lorgnons et barbiches

et vivent de la guerre comme d'autres en meurent.

 

Les femmes étaient alors handicapées de droit,

aux tâches ménagères, aux enfants, au manger,

mineures protégées par les lois d'autrefois

reléguées en cuisine, elles sont femmes au foyer.

 

Alors elles s'émancipent par la force des choses

alliant naturellement douceur et charité

elles sont sur le terrain pour toutes grandes causes

assurant l'essentiel des services de santé.

 

Sans renier pour autant leurs idées pacifiques

c'est elles qui maintenant assument la nation

en reprenant en main la vie économique.

Elles labourent la terre, assurent les moissons,

 

 

 

 

 

 

 

effectuent les vendanges, s'occupent des troupeaux

improvisent au mieux les métiers des maris

aux champs, dans les commerces, jusque dans les bureaux

remplacent absents, blessés et ceux qui ont péri.

 

Elles prennent le chemin des usines d'armement

se mettent à la chaîne, fabriquent les munitions,

mais la paix revenu rentreront dans le rang

quant à leur droit de vote, il n'en fût plus question.

 

Au bord de la foret, à l’abri des sapins

la troupe est enterrée par anticipation

ils sont là sans bouger jusqu'au petit matin

le froid les fait trembler, ils attendent l'action.

 

Les hivers de la guerre sont toujours rigoureux.

Ils ont les pieds gelés enfoncés dans la boue

la plupart somnolant, car tout est silencieux,

les uns cherchent leurs puces et les autres leurs poux.

 

Quatre joueurs de cartes sont restés éveillés

dans l'abri de rondins qu'éclaire une chandelle

le tabac de leurs pipes est tellement mouillé

qu'ils battent le briquet en vaines étincelles.

 

Il fait encore nuit, c'est le calme absolu

autour de la roulante s'affairent les cuistots,

ils allument le feu pour faire chauffer le jus.

Pour la première fois on entend les oiseaux.

 

Et puis subitement éclate une fusée

le ciel se colore, tout est baigné de rouge,

l'enfer se déchaîne, la tranchée est comblée,

les arbres sont fauchés et tout le sol bouge.

 

Mille canons qui tonnent et des milliers d'obus,

un déluge de feu, un déluge de fer, un déluge de sang

qui écrase et enterre, qui boul'verse et qui tue,

un roulement sans fin d'immenses ouragans.

 

 

 

 

En plein sur la roulante, un obus est tombé,

en éclaboussement le café est servi.

Il ne reste plus rien de la haute futaie

que des branches hachées et quelques troncs noircis.

 

Et puis le grand silence des canons arrêtés

les rares survivants ressortent du magma

semblables à des fantômes émergeant des fumées.

Mais l'urgence en a fait de nouveau des soldats.

 

Car ils sont attaqués par les hordes ennemies

les clameurs de la charge glacent les survivants

il faut en un instant remettre en batterie

les mitrailleuses éparses sous le bombardement.

 

Les premiers assaillants sont tués sur le talus,

mais la seconde ligne, baïonnettes au canon

balaie les défenseurs ; la tranchée est perdue,

submergée par le nombre elle cède à ces démons

 

ah comme il est charmant le petit bruit chuintant

que font les baïonnettes en entrant dans les corps

quelle odeur délicieuse des gaz asphyxiants

qui dans des convulsions les entraînent à la mort.

 

Alors se déchaîne un tir de barrage,

il est un peu trop court et massacre les siens,

les crapouillots aboient, les marmites font rage

et la journée se passe en combats incertains.

 

Au soir,les positions sont resté inchangées

une trêve impromptue et le calme revient.

Chacun a évacué ses morts et ses blessés

et aspire au repos au moins jusqu 'à demain.

 

La nuit dans le silence on les entend gémir

entre les deux tranchées, à l'écart des chemins,

les blessés oubliés qu'on ne peut secourir

qui agoniseront jusqu'au petit matin.

 

 

 

 

Les morts étaient des braves, c'est à titre posthume

qu'ils ont la croix vermeille, ils devraient apprécier.

Leurs enfants sont pupilles et leurs veuves assument.

L’aumône d'une pension pourra les remplacer.

 

Sur le bord du fossé la charogne est humaine,

elle n'a plus de visage et le corps est noirci.

Au delà de la mort elle inspire la haine

car elle laisse apparaître l'uniforme ennemi.

 

Sa main martyrisée porte encore une alliance

car ce fut un enfant, un époux et un père

et sa mort a éteint toute idée de vengeance

pour ne plus espérer qu'une ultime prière

 

Si ta guerre était juste, adieu Charles Péguy

te voilà bien heureux en face de ton Dieu ;

toi, mystérieux grand Meaulnes ton histoire est finie

et toi petit Gibus, ta guerre n'aura plus lieu,

 

les roses en boutons ne refleuriront plus

les épis étaient mûrs, les blés sont moissonnés

ce ne sont que vos corps là-bas sous le talus,

dans la vaste clairière un cimetière est né.

 

Dans un nouveau silence, on n'entend plus vos voix

il n'y a dans le ciel qu'un vol de corbeaux.

Elles feront beaucoup d'ombre vos grandes croix de bois

A l'est comme à l'ouest, il n'y-a rien de nouveau.

 

L'estafette endiablée abattue sans un cri

et qui gît maintenant en embrassant la terre,

venait pour annoncer la fin de ce conflit.

Dernière balle, dernier tir, dernier mort de la guerre.

 

Partout en première ligne les soldats sont en liesse

les cloches des églises sonnent à la volée,

partout on n'entend plus que des cris d'allégresse,

les foules pleurent de joie, c'est la paix retrouvée.

 

 

 

Pour tous les survivants c'est le jour de gloire,

les fanfares répètent pour le grand défilé.

Le pays tout entier va fêter la victoire

et rien ne doit pouvoir enrayer la gaîté.

 

Ils sont bien encombrants les morts et les blessés,

comme ils sont tristes à voir les villages rasés

il vaut mieux les cacher ces veuves éplorées

et ces enfants sans père qui sont à leur coté.

 

Allez donc revêtir votre masque de fer

pour vous rendre invisibles ; avec vos gueules cassées

vous faites peur aux enfants, retournez en enfer.

Sourds, aveugles, mutilés, amputés ou gazés

 

votre cortège ne sera pas du défilé

vous êtes rejetés, estropiés ou déments

elles se sont évadées vos douces fiancées

cessez donc de pleurer, vous êtes morts vivants.

 

 

Elle monte dans le ciel cette musique lente

de ses puissants accords des trompettes bouchées

les sonneries aux morts des chapelles ardentes

aux roulements frissons de leurs tambours voilés.

 

Les blanches nécropoles, les croix à l'horizon

les monuments aux morts dans chaque cimetière

et les cérémonies des commémorations

comme s'il fallait mourir pour devenir frère.

 

Les regrets, les remords, les sanglots les chagrins

l'uniforme commun des deux cotés du Rhin

dans une même peine, le noir pour chacun

qui unifie si bien veuves et orphelins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Confondus dans la terre où pourrissent leurs corps,

sur l'autel des patries, sacrifiés sans manière

ils ont bien mérité, les dix millions de morts

le repos éternel, la paix des cimetières.

 

Les lendemains qui chantent sans vainqueurs ni vaincus

la paix universelle, le siècle des lumières

ils l'ont bien mérité ceux qui ont survécus

la guerre plus jamais car c'était la dernière.

 

                                                            E.J. Octobre 2014

 

 

 

21/11/15

 

Les bleuets
 
Lorsque j'étais enfant
Il y avait des bleuets
dans les champs
et des coqu'licots
dans les prés.
 
Pour aller à l'école
je mettais des sabots
le sentier
à la terre qui colle
passait par le moulin
mais il n'avait plus d'aile.
 
Nous prenions le chemin
du ruisseau incertain
en rosée de printemps
qui chantonne
à l'automne
et qui gelait l'hiver
pour ne plus exister
tout l'été.
 
La ferme aux tourterelles
avec son belvédère
ronronnait
de tout son pigeonnier
 
J'ai cueilli les bleuets
et puis des coqu'licots;
avec des reines des prés
j'ai fait tout un bouquet.
 
Et puis il s'est fané.
 
Maintenant
je redeviens enfant
et je cherche souvent
les chemins 
de bleuets.

02/11/15

 

Bonheur passé

 

Le bonheur est petit

sur l'océan fatigue

 

un flou de souvenirs

un flot d'horizons fous

 

Si tu savais la vague après la vague

 

Avec en fleur un ciel d'été

tu sentirais les couleurs du passé

mystère et doux amer

 

comme un regret silence

 

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24/08/15

Quand j'étais.....

 

 

Quand j'étais Dieu, je conjuguais les imparfaits

J'étais triste de mes bonheurs

et je voulais gommer les choses

en me faisant des mots

des mots que j'oubliais

des mots de vers ou de prose

pour me fabriquer des malheurs

que je gardais pour moi sans croire à des jamais

 

Quand j'étais Diable, j'avais des retours d'état d'âme

des ratés de mauvaise pensées

de petites méchancetés

qui ne méritaient pas la flamme

et me laissaient plus blanc que noir

les pieds dans le fossé

dans les regrets du soir

que j'ai gardé pour moi au fond de mes secrets

 

Quand j'étais l'Ange, gardien de tous les extérieurs

je regardais de loin moi-même dans les autres

et je faisais le bon apôtre.

Je ne me suis pas pardonné

de me retrouver si semblable

en les voyant de l'intérieur

moi qui croyait à la beauté.

Dieu que l'ange déchu peut être misérable

 

Quand je me suis fait Clown, c'était pour faire pleurer

de joies ,de rires et de larmes.

Quand je me suis démaquillé

pour finir par me ressembler

j'avais encore la face blême

et j'étais tellement moi-même

que j'ai préféré m'envoler

 

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31/01/15

Les retraites diminuent

les prix et les impots augmentent

je vais me reconvertir

j'hésite encore entre le bois de Boulogne et l'Opéra de Paris

 

Frse 14 2015 313Frse 14 2015 312

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31/01/15 

 Courtes, comme on les aime...( les histoires ) !!!...

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Un couple de randonneurs à la campagne.  >  La femme :  >  - Chéri...Ce paysage me laisse sans voix !  >  Le mari :  >  - Parfait, nous campons ici !

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Une patiente, à son médecin : >  - Docteur, cela fait cinq minutes que vous m'avez demandé de tirer la langue et vous ne la regardez même pas !  >  - C'était juste pour être tranquille pendant que je rédige votre ordonnance ! 

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Une dame essaie de dresser son jeune chiot. Son mari, goguenard, lui dit :  >  - Mais, tu n'y arriveras jamais !  > - Mais si... Rappelle-toi comme j'ai eu du mal avec toi au début ! 

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Qu'est-ce que c'est, pour un homme, une soirée romantique ?  >

 

- Un stade de foot illuminé aux chandelles 

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La différence entre le courage et le culot  > Le courage, c'est rentrer saoul au milieu de la nuit, de voir ta femme qui t’attend avec un balai en main et lui demander : > - T'es encore en train de nettoyer ou tu t'envoles quelque part ?  > >   >  Le culot, c'est rentrer saoul au milieu de la nuit, entouré d'un nuage de parfum, du rouge à lèvres sur les vêtements, de voir ta femme qui t'attend avec un balai en main, lui taper sur les fesses et dire : >  - T'énerve pas, c'est ton tour !

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Surpris par un orage, en pleine campagne, avec sa maman, le petit David demande, tandis que se succèdent les éclairs : > - On les aura quand, les photos que prend le Bon Dieu ? 

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>  Un motard dur-à-cuire se promène sur sa Harley lorsqu'il a aperçoit une fille qui s'apprête à sauter en bas d'un pont.  >  Il s'arrête et lui demande: "Qu'est-ce que tu fais ?"  >  Elle lui répond: "Je vais me suicider!"  >  Alors qu'il ne veut pas paraître insensible, il ne veut pas non plus passer à côté d'une bonne affaire.  >  Il dit alors: "Avant de sauter, pourquoi ne m'embrasserais-tu pas?"  >  Elle l'embrasse alors avec volupté.  >  Après cette embrassade, le motard lui dit: "Wow! C'est la première fois qu'on m'embrasse de cette façon. C'est tout un talent que tu t'apprêtes à gaspiller. Tu pourrais devenir célèbre. Mais pourquoi veux-tu te suicider?"

 

"Parce que mes parents n'aiment pas que je m'habille en fille... " 

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04/01/15

Gueulante  (de fête)

 

Aujourd'hui, c'est ma fête.

 C'est la fête des cons.

 C'est tous les jours la fête des cons. La mienne. Attention, peut-être aussi la votre.

 C'est très mode, c'est très tendance, je crois que je vais rejeter spasmodiquement par la bouche.

 C'est aussi Noël et jour de l'An, c'est aussi ton anniversaire et si ça continue ça va être ta fête, et mon cul, c'est pas du poulet !

 Je suis monsieur record, je reçois à 100, je revends à 10, alors vous allez cesser de m'emmerder avec l'inutile, vous allez cesser de pourrir vos enfants avec vos tombereaux de jouets de merde !

 Ah, j'ai l'écrasante majorité qui me piétine, c'est ça la démocratie ?, la dictature des convenances, des habitudes et des marchands ? C'est sûr, certains vont me faire ma fête.

 Ça y est, j'ai rejeté spasmodiquement par la bouche.

 Nous avons les moyens de vous avalancher et puis t'étouffes dans le piège, c'est obligé.

 Je peux respirer oui ?

Retrouver quelques valeurs ? Une orange, un bonbon, un sourire ou un simple coucher de soleil main dans la main sur l'horizon ?

 Demain c'est le jour des gueules de bois, des crises de fois ( oui, plusieurs fois), des lassitudes ; mais vous savez qu'il y a des chagrins, des solitudes, des désespérances, des échecs, des regrets, peut-être des remords et des grandes misères assourdissantes à se boucher les oreilles pour ne plus entendre leurs silences.

 C'est triste à pleurer, c'est déjà fait alors laisse aller en berceuse de rire.

 Il y a comme ça en retrait, des arrières plans cotonneux de sourdine à entrouvrir des coins de ciel et c'est déjà demain.

 

 

15/12/12

 

Rien

 

 

Pour aller au delà du rien, il faut regarder l'horizon.

 

C'est possible en bord de mer, par temps brumeux.

 

Ce n'est pas nécessaire de regarder fixement, c'est même tout à fait déconseillé, sinon les yeux se remplissent de larmes et c'est un kaléidoscope de couleurs en demi-teintes.

 

Non, pour aller au delà du rien, il faut regarder sans voir, le plus loin possible, car c'est là-bas.

 

Certains prétendent y aller rapidement, sans même un regard extérieur.

 

Ils trichent. Il ne faut pas confondre le rien et le vide, pour aller au delà du rien, ça ne s'invente pas.

 

D'abord, regarder sans voir, puis subrepticement, voir sans regarder, puis ne plus rien voir.

 

C'est là

 

 17/11/14

Saint Sébastien

  

Voici saint Sébastien, le patron des archers

c 'est le soldat perdu qu’exécutent les siens.

Il est percé de flèches et son sang s'est figé.

Son crime impardonnable, défendre des chrétiens.

 

Quelle est la part d'histoire et celle de légende

qui fit de cet archer le martyr et le saint,

quelle est la part du rêve, celle de propagande

pour construire un exemple profondément humain.

 

Il serait de Narbonne, de la Gaule romaine

fils de languedocienne et de père milanais

né après deux cent ans de notre ère chrétienne,

et puis il a vécu, c'est tout ce que l'on sait.

 

Il a choisi très tôt le métier de soldat

celui de voltigeur de la noble archerie

il faut l'imaginer très vaillant au combat

il a rapidement gravi la hiérarchie.

 

Il devint centurion dans cette armée romaine

qui dominait le monde contre la barbarie,

la garde prétorienne en fit son capitaine,

un peu le grand patron de la gendarmerie.

 

Venus d'Asie Mineure, aux confins de l'empire,

d'aimables farfelus croyant en un seul Dieu

prêchaient pour leurs idées avec de grands sourires

obtenant des succès en tout temps en tous lieux.

 

Et bien la belle affaire ! On croit ce que l'on veut.

Mais ces illuminés, pleins d'idées subversives

d'en convaincre les autres en avait fait le vœu

et c'était là leur crime, ces croyances naïves

 

Ils croyaient à l'amour et repoussaient la haine

ils croyaient au pardon de toutes les offenses

bannissaient la vengeance, les guerres inhumaines

et imploraient du ciel la plus grande clémence.

 

Partager son manteau, prôner la charité

se dire tous frères, tous égaux de la vie

tous des enfants de Dieu aspirant à la paix

quel crime abominable d'aimer son ennemi !

 

Mais bien plus grave encore et lèse majesté

ils remettaient en cause le pouvoir temporel.

L'empereur au même rang que ses humbles sujets

ne pouvait accepter la tutelle du ciel.

 

 Par le glaive et le sang le pouvoir prétorien

est chargé sans délai de les éradiquer

puisqu'ils auront l'espoir de leur éternité

il faut tous les tuer, Dieu reconnaît les siens.

 

La justice du prince sera impitoyable

Sébastien est le bras qui doit exécuter

Mais il commet la faute la plus impardonnable

avoir des états d'âme, connaître la pitié.

 

Est-il sympathisant ou bien chrétien lui-même ?

Son destin est scellé, il faut le sacrifier

et fêter à la fois sa mort et son baptême

en en faisant la cible de ses propres archers.

 

Rater la cible ou tuer le chef bien aimé ?

Ils ne peuvent échapper au supplice imposé

il en va de leur vie, leur tir est si parfait

que leurs volées de flèches le blesse sans le tuer.

 

Caché, sauvé, soigné et devenu chrétien

il ne lui reste plus qu'à se faire oublier

c'est trop lui demander, l'empereur Dioclétien

le trouve devant lui, il est exécuté.

 

Percé de mille flèches, tu es chacun de nous

des flèches de l'amour aux flèches de la mort

merci saint Sébastien d'être resté debout

pour sauver l'innocent et pour te battre encore.

 

Les vérités premières, les dogmes autorisés

les pensées immobiles et les dieux établis

les idées préconçues, tu les a refusées

pour établir les bases de la chevalerie.

 

Ce n'est pas anodin, les archers t'ont choisi

pour être leur patron et les représenter

ils t'invoquent entre eux en langage fleuri

pour suivre ton exemple et pour mieux te saluer

 

Bien sûr tu es le saint d'une église établie

mais devenir martyr pour de beaux sentiments

te rend universel et sans a priori

je veux en quelques vers te saluer humblement.

 

                                                                                        E.J. 4 et 5-7-2014

 

 

 29/08/2014

 Jean d'Arc

  Bien qu'encore bébé

 le petit Jean d'Arc

 debout dans son parc

était un archer.

 

 Puis adolescent

il tirait si bien

qu'il battit l'ancien

au bout d'un moment.

  

Quand il fut plus grand

il devint champion

ce fut sa passion

de tous les instants

 

Son art consommé

de notre archerie

à la compagnie

le fit désigner

 

 Il devint archer

à la cour du roi

et dans maint tournois

il était primé.

 

Puis il fit la guerre

se couvrit de gloire

jusqu'à la victoire

dont il fut si fier.

 

 Il fit des merveilles

dans maintes batailles

il eut des médailles

et la croix vermeil

  

Et puis l'age vint

la tête chenu

et le corps perclus

il faut bien une fin.

 

 Il alla au ciel

on le voit encore

en multicolore

c'est lui l'arc en ciel.

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Six clones

 

 Qu'il était malheureux

 le biologiste fou

laid comme un pou

 d'être toujours célibataire.

Dans tous les bals populaires

ce grand hurluberlu

dans le tohu-bohu

 glissait des propos amoureux

 sans retenu et sans pudeur.

Il avait beau conter d'aimables fariboles

se lancer en zigzags de folles farandoles

faire le joli cœur

dans les flons-flons du bal

malgré ses ronds de jambe et son charivari

malgré l'intelligence et son grain de folie

il ambiançait sévère une chape de plomb

et la gens féminine était plus que glaciale.

 Il restait seul à sa maison

renvoyé vertement à ses chères études,

s'enlivrant de sa science

 et de ses expériences à tire-larigot

mais il avait conscience

 de grande solitude

en mangeant son fricot.

Toujours un peu timbré, un jour de déraison

 plus « ouf » encore que d'habitude,

il clona la fermière et dans six éprouvettes

il eut six femmes en sa maison

 pour tailler des bavettes

mais elles lui coûtaient cher

 et ce fut un enfer.

 

Moralité :

Un clone ça va

six clones

bonjour les dégâts.

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 26/03/14

 

Printemps

Nous ne sommes qu'au début du mois de mars et je peux vous annoncer le printemps.

 

C'est vrai, c'est encore l'hiver, les petits matins sont blancs sur l'herbe

mais la lueur qui monte à l'est est pleine de promesses

et nous avons gagné quelques minutes de lumière.

 

Je sens frémir toute la nature, elle commence à changer de couleur,

de sombre, elle s'éclaire, du noir, elle se colore,

d'abord par petites touches en petites couches,

juste quelques nuances.

 

Ce matin, le jardin s'est ambiancé du chant des oiseaux comme un signal.

J'ai cru qu'ils me remerciaient de leur avoir secoué la nappe aux mies

de pain sur la terrasse. Mais non, c'est l'heure du grand concert,

tout un charivari de trilles, de roucoulades,

de variations sur quelques notes, des demandes et des réponses,

une cérémonie, un rite, le concert que même Messian, Tchaïkovski

et Vivaldi associés, ne pourraient transcrire !

 

C'est un déferlement à tire-larigot de vocalises en surenchère sur de grands airs,

des trémolos de bel canto et des mesures en démesure.

 

Et puis d'un seul coup, le tohu-bohu cesse, comme pour respecter l'horaire. 

 

La première journée d'un printemps anticipé a commencé. 

D'un seul coup, de derrière la colline, à travers les arbres encore

sans feuilles, le soleil dans sa plénitude !

 

Plus question de s'enlivrer au chaud devant le feu de bois. 

 

Il est temps de se sortir d'une sorte de léthargie qui me

faisait vivre à petits pas et d'aller coté lumière.

 

C'est mon soixante seizième printemps, je n'en suis pas blasé,

au contraire, chaque année lui donne plus de densité, d'attente fébrile,

de bonheur diffus, d'étonnement du renouveau ; le printemps c'est revivre.

Le petit bouton que je me découvre sur le nez, c'est peut-être de

l'acné juvénile, allez savoir.

 

Tient, nous allons pouvoir faire une salade de pissenlits.

Tient, hier il n'y avait pas de pâquerettes et ce matin elles sont partout,

sans doute laissées en témoignage par la gelée blanche que le

premier rayon du soleil a reverdi.

Je m'aperçois que tous les arbres, tous les arbustes, les buissons

épargnés par une taille sévère, ont préparé leurs bourgeons.

Ils ont dû faire ça subrepticement alors que j'écrivais quelques fariboles ;

ce sont de petits écrins rougeâtres, timbrés de vert tendre, poisseux,

en forme d'ogive et que je soupçonne d'enfermer tout le feu d'artifice

des éclosions de feuilles et de fruits à venir.

Mais attention, le printemps est un Hurluberlu  qui nousprépare quelquefois

une température en zigzag qui va du plus doux aux coups de

froid meurtriers pour les plus précoces.

J'attends qu'il s'installe vraiment pour pousser le « ouf » de fin d'hiver,

mais je vais ressortir le mobilier de jardin, il est possible que

nous ayons sous peu des instants de plein air.

Edmond Juery

02/03/2014

 

21/02/14

 

 

La tortue

 

 

Une tortue se promenait à son allure

 

dans la verdure

 

sous les yeux de dame nature.

 

 

 

Soudain elle vit posé, au détour d'un sentier

 

un casque militaire qui se tenait figé et fier

 

en un garde à vous impeccable.

 

A son air respectable

 

le soleil avait ajouté

 

quelques menus galons dorés

 

 

 

Notre tortue impressionnée

 

par ce frère de sa race

 

d'une révérence s'efface

 

pour lui laisser la place

 

de passer.

 

 

 

Mais le casque reste immobile et muet

 

comptant sur son aspect pour plaire.

 

 

 

Et la tortue de faire des grâces

 

ronds de pattes et courbettes

 

elle ondule de l'écaille

 

et d'une œillade canaille

 

cherche à lui tourner la tête

 

jusqu'au moment, malheureuse

 

qu'une si belle prestance

 

cache tant d'indifférence,

 

d'un coup de patte rageuse

 

elle renverse l'impudent

 

et s'aperçoit malheureuse

 

qu'il est tout vide en dedans

 

 

 

Cette fable pour vous dire

 

aux dépends d'une tortue

 

qu'il ne faut jamais confondre

 

contenant et contenu

 

 

 

et qu'uniformes

 

ne sont souvent

 

que pure forme

 

sans rien dedans

 

 

 

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08/02/14 

L'archer rit

 

 

L'archiviste de l'architecte

est un ancien archer

ne pouvant plus bander

son arc archaïque

il avait bien tiré un trait

sur son passé

il espérait

ne pas rester sur le carreau

ni manger son chapeau

à l'arche du marché

sous les arcades

il s'arc-boutait

pour faire bel effet

jouant la sérénade

avec son archet

car il courtisait

une jouvencelle

la veuve du crémier

et conquit sa belle

par quelques boutades

de jolis récits

et un trait d'esprit.

 

 

Moralité :

 

pourvu que l'amour

qui tire sa flèche

la tire toujours

dans le sens de l'humour

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28/01/14

 

Lorsque


 

 lorsque vous tirerez car il vous faut tirer

 

il y aura des flèches tant que vous en voudrez

 

il y aura des flèches aux plumes chamarrées

 

il y aura des flèches lorsque vous tirerez.

 

 

Vous prendrez votre place où les clartés sont douces

 

la dragonne enroulée pour soutenir l'arc

 

votre bras protégé par un écrin de mousse

 

musique à votre cœur à la flèche de nacre.

 

 

Haleine des jardins lorsque la nuit va naître

 

feuillage de l'été, profondeur des forêts

 

l'hirondelle tantôt qui vint sur ma fenêtre

 

disait, me semble-t-il je vous salue l'archer.

 

 

Je vous salue archers si vous visez la paix

 

vous qui visez la cible aux couleurs d'arc-en-ciel

 

je compterai pour vous le nombre de vos traits

 

flèches, flèches sonnez l'angélus du ciel.

 

 

Je vous salue archers qui ce soir présents

 

jamais trop ne seront, l'amitié jamais trop

 

et la flèche de nacre sera votre présent

 

et puis vous chanterez la flèche allegretto

 

 

heureux et forts enfin qui portons pour écharpe

 

cet arc en ciel témoin qu'il ne tonnera plus

 

la corde qui frémit du silence des harpes

 

à la saint Sébastien, à vous tous salut

 

 

Louis Aragon

 

pour copie non conforme

 

 

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30/12/13

 

Message pour un répondeur

 

 

Une farandole

un rêve qui vole

et dans mes paroles

 un peu de chaleur 

 

une bonne année

sans rose fanée

pour vous adresser

des vœux de bonheur

 

une ritournelle

qui courre et chancelle

sur la balancelle

qui berce le cœur 

 

un air de quadrille

où le vent grappille

comme un joyeux drille

le bleu d'une fleur

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19/12/2013

Tir à l'arc

 

 Nouvelle région, nouvelle commune, il me fallait aussi, pour bouger, une nouvelle activité.

 

Pour le plus grand bien des oreilles des autres, pas question de choisir, comme Françoise, une chorale.

 

Je voulais quelque chose de physique pour faire bouger encore mes articulations. Mais pas du violent. A presque 75 ans je ne peux plus hélas supporter trop d'efforts.

 

Au forum des associations, j'ai regretté l'absence d'un club de marche et j'ai choisi le tir à l'arc, une activité qui m'a semblé encore à ma portée et dont j'avais depuis longtemps envie.

 

La Picardie est une région propice à cette activité pour des raisons historiques.

 

Le club de Méru est une compagnie, avec beaucoup de tenue, et aussi une tenue blanche marqué d'un écusson, et d'un béret bleu, ce qui pourrait entraîner de ma part une certaine réticence, je n'ai pas l'intention de me faire incorporer dans le paramilitaire.

 

Mais ce n'est pas le cas.

 

Cette compagnie fait preuve d'une grande rigueur dans l'organisation, le respect des règles de sécurité, la formation, la participation aux rencontres et aux manifestations des traditions.

 

Tout l'encadrement est composé de bénévoles qui ne ménagent ni leur temps ni leurs efforts, je les admire et les envie.

 

Je me retrouve avec les débutants, mais aussi avec les chevronnés, filles ou garçons, femmes ou hommes, dans une palette d'ages, de 10 ans à........moi ! Car d'après l'état civil, je serais le doyen !

Mais suis-je le plus vieux ? Dans la mesure ou je commence à retomber en enfance, je croix bien que non ; pourvu que je ne devienne pas trop jeune......

 

Le groupe est homogène, malgré ou à cause de sa diversité et je suis enchanté de m'y retrouver comme dans une grande famille.

 

Je ne m'attendais pas à une activité aussi élaborée. C'est beaucoup plus physique et technique que je le pensais.

 

Un échauffement est indispensable pour faire travailler les muscles et les articulations qui sont sollicités, avant de commencer.

 

J'ai été surpris par plein de choses. Le matériel d'abord. Enfant, les noisetiers ont fait les frais de mes premiers arcs et de mes premières flèches.

 

Quel progrès, ce sont maintenant de véritables armes, de taille adulte,  travaillées, façonnées à nos poignes, à nos forces ; si certaines sont encore en bois, elles utilisent la solidité du lamellé-collé, d'autres, comme aussi les flèches, sont fabriquées dans des matériaux nouveaux,(plastiques ou carbone) qui permettent des formes, des couleurs à l'infini et des légèretés de plume. Elles respectent les gauchers et les droitiers et l’œil directeur.

 

Je n'ai pas été obligé de me couper un sein pour tirer, mais la protection de l'avant bras est indispensable. Et puis des stabilisateurs, des viseurs, palettes, dragonnes, tout une série de nouveaux matériels qu'il faut maîtriser.

 

Mais le plus important, c'est la gestuelle. Un ballet moderne qui impose au corps une grande discipline des gestes et des postures, une synchronisation des mouvements, une harmonie générale esthétique et visuelle. Une gestuelle qui s'apprend encore et encore jusqu'à tendre vers cette perfection des champions ou des danseurs étoiles.

 

J'en suis au balbutiement, je tire encore à l'incertain du désordonné.

 

Bien que très opposé à cette forme de sublimation de l'inutile, par solidarité pour la compagnie, j'ai tenu à participer, tard le soir et tôt le matin, à un tir ininterrompu, pour le téléthon. A ma grande surprise, je n'ai pas démériter en apportant mon lot de points.

 

Et puis voilà que je passe des examens ou des grades, ça alors ! Retourner à l'école, c'est bien, être reçu dans la classe supérieure, c'est mieux.

 

Pour ceux qui ne veulent plus vieillir, c'est tout droit, vous suivez les flèches.

 

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17/12/2013

La flèche de nacre

 

Étoile de Méru, voici le tir à l'arc,

voici la discipline qui nous a rassemblés

et voici entre nous chaleur et amitié ;

 soyez les bienvenus à la flèche de Nacre.

 

Deux mille ans de pratique ont fait de nos archers

un réservoir sans fin pour les ages nouveaux,

mille ans de perfection ont fait de vos travaux

un art à part entière qu'il nous faut pratiquer.

 

Vous nous voyez tirer sur cette cible étroite,

l’œil sur le viseur, la corde sur le nez,

dans le vaste gymnase qui nous est attribué.

 La flèche irréprochable suivra sa ligne droite.

 

Après la flèche blanche que vous voyez jaillir,

voici la flèche noire et puis la flèche bleue

puis la rouge et la jaune et pour égaler Dieu

la flèche irréprochable et qui ne peut faillir.

 

Vous nous voyez tirer, nous sommes la piétaille,

nous ne tirons jamais qu'une flèche à la fois,

pour la saint Sébastien ou pour le tir du Roi,

il nous faudra gagner notre ultime bataille.

 

Nous tirons pour le Roi, nous tirons pour la Reine

et pour le téléthon qui nous laisse épuisés.

Voici le long de nous nos poings désassemblés

 et notre lassitude et notre force pleine.

 

Voici l'axe et la ligne de toute courtoisie,

voici la douce pente de la fraternité

et voici le respect, la solidarité

et puis voici l'honneur que vous avez choisi.

 

Nous arrivons vers vous au pays des sablons

 par le commencement du sud Beauvaisis,

Nous reposant à l'ombre de la tour des Contis

non, nous ne ferons pas la guerre des boutons.*

 

Mais nous aurons les fleurs du bouquet provincial,

les belles traditions de la chevalerie,

l'étendard déployé de notre compagnie,

dans nos blanches tenues tout un cérémonial.

 

Jean-marie et Alan sont des rois pour toujours

et nous avons Pascal pour notre enseignement,

pour la beauté du geste et pour le dévouement,

vous pouvez apprécier le sérieux de ses cours.

 

 Le capitaine Eric pour le commandement

et pour le seconder Isabelle et Francine

la gestion des finances revient à Catherine

et pour aider au mieux, Patricia tout le temps.

 

Nous allons devant vous, les mains le long des poches

sans aucun appareil, sans fatras sans discours

 d'un pas toujours égal, sans hâte ni recours

des cibles plus présentes vers les flèches les plus proches.

 

C'est la gerbe de flèches qui ne périra point,

l’empennage coloré au soleil de septembre,

les pointes acérées que nous tirons ensemble

et cent quarante points dont vous serez témoins.

 

Les premières volées seront pour le réglage,

vous réglerez pour moi la hausse du viseur

nous ferons chaque fois un pas sur le bonheur

en espérant tirer le reste de notre age.

 

Et nous respecterons les règles absolues,

 toutes les conditions de la sécurité

les lois fondamentales de nos civilités,

Mesdames et messieurs, je vous dirai « salut !».

 

pour copie non conforme

de Charles Péguy

Edmond

*Méru étant la ville dont l’industrie de la Nacre fut florissante, la plupart des boutons était en nacre.

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Commentaires (2)

1. longer a 07/01/2014

merci de tes bons voeux en poesie super

2. GEERTS ERIC 22/12/2013

Quel superbe message de passion et d'amitié.
Si la compagnie et le tir à l'arc ont pu t'apporter quelque chose ,je ne peut qu'en être ravi.
Que la jeunesse éternelle soit avec toi.
Bravo et Merci.
Eric

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Date de dernière mise à jour : 18/12/2017